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Le Niger quitte la CPI : Niamey acte sa rupture définitive avec le Statut de Rome
Dans un tournant diplomatique majeur, la République du Niger a formellement acté son retrait du Statut de Rome, marquant ainsi la fin de sa collaboration avec la Cour pénale internationale (CPI). Par le biais de sa Mission permanente auprès des Nations Unies à New York, les autorités nigériennes ont officiellement transmis une note verbale confirmant une décision prise au plus haut sommet de l’État. Cette notification, qui fait suite à une première démarche entreprise le 22 septembre 2025 auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, entérine une volonté de rupture que Niamey souhaite immédiate.
Ce désengagement met fin à une relation qui durait depuis près d'un quart de siècle, le Niger ayant ratifié le traité fondateur de la Cour le 11 avril 2002. Si le pays a longtemps œuvré en conformité avec les dispositions internationales, l’heure est aujourd'hui au bilan et à une remise en question profonde de l'institution basée à La Haye. Pour le gouvernement nigérien, le recul historique permet désormais de porter un regard critique sur l'action de la Cour, laquelle est ouvertement qualifiée d'instrument au service d'une répression néocoloniale.
L’argumentaire développé par la diplomatie nigérienne ne manque pas de fermeté. Les autorités dénoncent une forme de justice sélective qui, selon elles, entache la crédibilité de la CPI. Le Niger pointe notamment du doigt des défaillances flagrantes dans le traitement des dossiers relatifs aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité. Le grief principal réside dans l'abstention de la Cour à poursuivre certains auteurs de violations graves, une attitude perçue à Niamey comme une transgression directe du propre Statut de l'institution.
Face à ce qu'il considère comme un arbitrage à géométrie variable, le Niger a choisi de reprendre le plein exercice de sa souveraineté juridique.
La priorité est désormais accordée au renforcement des mécanismes nationaux pour garantir la paix et l'équité sociale. Cette sortie de la juridiction internationale ne signifie pas pour autant un renoncement aux principes fondamentaux ; le gouvernement a tenu à réitérer son engagement indéfectible en faveur de la défense des droits de l'homme et de la lutte contre l'impunité, mais sous un prisme strictement interne et souverain.
Tout en actant ce divorce avec la justice internationale, le Niger maintient une posture de courtoisie diplomatique envers l'ONU et ses membres.
Niamey exprime sa reconnaissance pour le cadre de collaboration multilatérale, tout en précisant sa volonté de s'investir désormais dans des instances internationales jugées plus respectueuses des principes originels de l'Organisation. Cette décision souligne une ambition claire : celle de bâtir un système judiciaire autonome, loin des influences extérieures perçues comme partiales.
Adam Iboun Gueye


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