Niger : Nouvelles Règles d'Entrée et de Séjour 2026 pour les Étrangers

 

Carte du Niger aux couleurs nationales traversée par une route goudronnée symbolisant l'accès au territoire et la nouvelle réglementation migratoire.

Le paysage législatif nigérien concernant la mobilité internationale vient de connaître une évolution majeure avec la signature, le 26 décembre 2025, du décret n° 2025-739 par le Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani. 


Ce texte réglementaire définit avec précision les modalités d'application de l'ordonnance de janvier 2025, visant à structurer rigoureusement les conditions d'accès et de résidence des étrangers sur l'ensemble du territoire national. S'appuyant sur la Charte de la Refondation et les orientations du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie, cette mesure renforce la souveraineté de l'État en matière de surveillance du territoire tout en modernisant les procédures administratives.


Désormais, tout ressortissant étranger souhaitant franchir les frontières du Niger doit impérativement disposer d'un passeport valide, ou d'un document équivalent, muni d'un visa ou d'une autorisation préalable de l'administration. Outre ces documents d'identité, la présentation d'un certificat international de vaccination devient une condition sine qua non pour l'admission sur le territoire. 


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Pour garantir le respect des procédures migratoires, le voyageur doit également justifier de sa capacité de rapatriement par la production d'un titre de transport nominatif et non négociable. L'accès au sol nigérien reste toutefois subordonné au respect de l'ordre public, les autorités se réservant le droit de refuser l'entrée à toute personne dont la présence pourrait compromettre le crédit public ou la sécurité de l'État.


L'innovation technologique s'invite dans ce nouveau cadre avec la création d'un visa électronique sécurisé, dénommé « e-visa ». Ce dispositif moderne coexiste avec le système classique, proposant trois types de visas : ordinaire, diplomatique et de courtoisie. Pour les voyageurs venant de pays où le Niger ne possède pas de représentation diplomatique, une procédure de « visa volant » gérée par la Direction de la Surveillance du Territoire a été maintenue. 


À leur arrivée, les étrangers sont soumis à un enregistrement systématique via une fiche individuelle de police, que ce soit au poste frontalier ou dans les établissements d'hébergement.

En ce qui concerne le séjour prolongé, le décret impose à tout étranger de plus de 15 ans l'obtention d'un titre de résidence dans un délai de trois mois suivant son entrée. Deux catégories principales de documents sont prévues : le permis de séjour, d'une durée maximale d'un an et renouvelable, destiné aux séjours temporaires, et la carte de résident, valable cinq ans, accessible après un séjour ininterrompu de cinq années sous réserve de régularité administrative. 


Les dossiers de demande doivent comporter des pièces rigoureuses, notamment un casier judiciaire de moins de trois mois, un certificat médical délivré localement et, le cas échéant, un contrat de travail validé par les services compétents.

La surveillance administrative s'accompagne d'obligations strictes pour les logeurs, qu'ils soient professionnels de l'hôtellerie ou simples particuliers. Ces derniers sont tenus de déclarer la présence de tout étranger auprès des autorités de police dans un délai de 48 heures, sous peine de sanctions prévues par la loi. 


De même, tout changement de résidence effective doit faire l'objet d'une déclaration dans les huit jours. Enfin, le texte prévoit un arsenal de mesures de régulation allant de la reconduite à la frontière à l'expulsion pour les contrevenants, ainsi qu'une procédure de rétention administrative limitée à 15 jours, renouvelable une fois en cas de nécessité absolue pour statuer sur la situation d'un individu. 


Ce nouveau cadre, qui abroge les dispositions antérieures datant de 1987, marque une volonté de mise à jour profonde des outils de gestion migratoire du pays.



Adam Iboun Gueye

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